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Message par sangliernoir le Ven 20 Sep - 9:26

6 février 2019. Il est 16 heures. Je crie, râle, me déchaine, aboie : mon maître à deux pattes part sans moi. Je suis au chenil et pas content du tout. Ah oui, je ne vous ai pas dit : je suis un drahthaar de 18 mois. Je m’appelle Narco du Chêne Gardé.
Pendant toute ma première année mon maitre m’a fait faire de drôles de choses : en premier lieu il m’a fait chercher ma gamelle en jouant au petit poucet avec mes croquettes, puis il m’a fait suivre une odeur appétissante de poumon de sanglier sur 50 mètres au bout desquels il y avait une touffe de poils, il appelle ça une nappe, qui était très excitante. 3 mois après il m’emmenait dans les bois et on suivait une piste de 1200 mètres qui tournaient un peu dans tous les sens pour trouver une peau au bout. La piste était excitante mais la nappe ne m’excitait plus du tout. Il a continué à me faire faire ça toutes les 3 semaines. Je me demandais où il voulait en venir. Il faisait chaud et sec et au bout, toujours cette nappe décevante. J’en avais un peu assez.
Puis un soir d’Aout on est monté dans le 4x4. Bizarre, d’habitude c’était le matin qu’on y montait. 5 heures de route. Je regarde le paysage : sympa. Le 4x4 freine, pas beaucoup il ne va pas vite ! L’enseigne du village indique Vollore. On monte une petite rue sinueuse et on s’arrête au pied d’une jolie croix. Gilles, c’est mon maître, ouvre la vitre du coffre pour que je puisse respirer et je vois inscrit « croix de Grandsaigne ». Il sonne à une grande porte. On lui ouvre et je l’entends dire « bonjour Jean Marc ». Accolades et enfin il me sort. Je suis tout excité, ma truffe a flairé des congénères. Nous sommes très bien accueillis à l’élevage de drahthaars de la Croix de Grandsaigne.  Il me couche tôt, je ne sais pas pourquoi.
Le lendemain matin nous repartons tôt avec le 4x4 rejoindre la salle communale de Vollore. Je suis un peu excité car Gilles est en tenue pour les bois. Et là encore de l’attente. Enfin nous repartons pour les bois, mais il ne me met pas encore sur la piste. Il va me rendre fou. Je trépigne, lui indique mon impatiente par quelques jappements qu’il me demande aussitôt de cesser. Je ne le sens pas très détendu : je n’insiste pas. Une voiture arrive. En descendent un superbe moustachu grisonnant, sa charmante femme et un jeune homme au regard franc et sympathique. Nous les accompagnons en laisse. Dans le sous bois une lumière vive m’éblouit plusieurs fois. J’entends la gentille dame dire « pourriez vous arrêter les photos SVP, ça gène le chien ». Enfin on va bosser ! Un premier angle, en « V » : ils croient m’avoir avec ça : nenni ! Un deuxième ; je pars tout droit voir ce qu’il y a en bas ; je traine un peu. Le jeune homme dit à Gilles de me rappeler. OK j’ai été un peu lourd de trainer. Je m’y remets avec attention. Et de mon pas rapide de drahthaar j’arrive à la nappe en moins de 25 minutes. La jolie dame est un peu essoufflée mais pas moi ! Tout le monde à l’air content, pourtant je n’ai fait que mon job ; ça m’a valu une petite coupe, une de champagne pour mon maître et nous voilà sur la route du retour.
Bref tout ça pour vous dire que je suis chien de rouge mais que ce soir je râle car le boss est parti sans moi et je ne suis pas content. Je lui laisse un peu la parole car je ne sais pas ce qu’il a fait.
 
Ce soir là, je vais voir Olivier, notre président de l’UDUCR 86, qui doit me donner notre nouveau collier GPS Weenect. Sur la route, au niveau de Verrières, je croise un chien courant qui traverse, tout seul. Un peu plus loin les chasseurs : je m’arrête et les préviens. Ils me remercient. Ça aurait dû s’arrêter là. Mais voilà que le soir le téléphone sonne pour une recherche. Un gros sanglier « pas armé » a été blessé. Un chien (il s’avère que c’est celui que j’ai vu traverser) a fait 7 km derrière. RDV est pris pour le lendemain matin. Arrivés au RDV je demande à ce que l’on m’emmène à l’endroit où le chien suiveur a perdu la voie, soit 7 km après l’anschluss.
Je mets Narco 500 mètres avant sur la coulée d’entrée.  Et lui redonne la parole.
 
Je prends la voie tout de suite. Ça sent bon. Nous traversons un champ en montant ; pas d’indice mais le pied de temps en temps se devine. Nous arrivons en haut au tas de fumier où le chien suiveur a abandonné. J’hésite ; est-ce l’odeur du fumier qui me gène ? Étrange. Je pars à droite et file… sur un terrier de blaireau. Ça c’est mon défaut : il faut dire qu’à ma première sortie en réel, nous sommes tombés sur une charogne de blaireau… dont j’étais très fier.
Gilles me reprend et on fait les devants au pied d’un roncier. La revoilà la bonne odeur. Je repars ; on descend, traverse un roncier. Là il faut que je vous dise, les humains c’est bizarre ils sont obligés de se mettre à plat ventre ! Ça me ferait doucement rigolé si je n’avais pas cette odeur dans la truffe qui m’appelle toujours devant. En attendant, ça me ralentit. Bon il est enfin sorti. On traverse une peupleraie puis on passe à gauche d’un deuxième roncier. Ça sent de plus en plus fort ! Je suis excité. Gilles a compris. Il prévient son accompagnateur resté de l’autre coté du roncier « il est surement là ! Tiens-toi sur tes gardes ! » Je me mets à l’arrêt. Gilles se rapproche de moi, carabine à la main. Il dit à celui resté de l’autre coté : « Il est là. Je  lâche le chien ». Libéré du trait j’entends « Va Narco».  Je me précipite dans le roncier, lève notre sanglier qui s’enfile les 150 mètres de roncier. Je ne le lâche pas au milieu des ronces. Je vois Gilles qui suit en courant, mais qui prend du retard. Mon sanglier sort à l’extrémité en ayant pris un peu d’avance sur moi, voit Gilles, fait un quart de tour et le charge. Il faut que j’arrête ce bougre d’animal avant qu’il abime mon patron ! Gilles m’a raconté après qu’il lui était Impossible de tirer sans risquer ma vie. En une fraction de seconde il a prit la décision d’attendre que le sanglier soit à 1 mètre devant lui pour lui loger une balle fichante entre les deux yeux. Je le vois en position. Le sanglier est dans ses pieds. Il tire… Clic. Rien. Et là, je vois Gilles qui pose le bout du canon de sa carabine contre l’épaule du sanglier pour le faire pivoter et pivoter lui-même en sens inverse. Le sanglier hésite ; je le décide à repartir en lui mettant un bon coup de croc dans le cuissot. Je reprends ma course derrière lui, Gilles nous suivant. Il vérifie sa carabine : le cran de sécurité s’était enclenché pendant qu’il rampait dans le premier roncier. Je savais bien que la meilleure méthode c’est d’être un chien ! On arrive à un ruisseau que le sanglier veut sauter. Je me décale pour que Gilles puisse tirer.  Pan. Le sanglier s’écroule dans l’eau, je lui saute dessus et le fouille avec plaisir.
Voilà la plus belle aventure de ma première saison. Finalement le sanglier pesait 100 kg et était joliment armé ! Mais qu’est ce qu’on s’est bien amusé et même si je ne comprends toujours pas pourquoi les hommes avancent si lentement sur leurs deux pattes, je suis très content de faire équipe avec Gilles avec qui je m’entends très bien. On est parti pour de nombreuses années ensemble j’espère, et, qui sait, pour d’autres aventures ? Si ça arrive je vous les raconterai. Promis.

 Narco du Chêne Gardé.
 
 
                                                                     j'm'éclate 19020710

sangliernoir

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Date d'inscription : 07/01/2018

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